OXYGENE - Blog d'Harry Durimel

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mercredi 15 février 2017

LETTRE OUVERTE DE CARAIBE ECOLOGIE - LES VERTS GUADELOUPE AU SUJET DE L’USINE DE MARIE-GALANTE ET DU PROJET DE CENTRALE THERMIQUE

Marie-Galante, une des îles de l’archipel Guadeloupe mesurant 158 km2 et peuplée d’environ 10.000 habitants, est dans la tourmente, depuis qu’elle est convoitée par quelques affairistes qui semblent y avoir trouvé un terrain de prédilection pour drainer les centaines de millions d’euros disponibles pour la transition énergétique. Marie Galante est réputée pour son fameux rhum à 59° et beaucoup de ses habitants sont, partiellement ou à temps plein, des agriculteurs qui vivent de production de la canne à sucre (vendue à l'usine et aux 3 distilleries), d'élevage de bovins et caprins, de pêche artisanale et d'un peu de tourisme. Connue pour son authenticité, pour la beauté de ses paysages et une certaine qualité de vie, elle offre de réelles opportunités pour y faire un véritable laboratoire de développement durable. Depuis plusieurs années, l’exode des jeunes vers la Guadeloupe, la métropole ou ailleurs s’accroit, le taux de chômage est important et la population vieillissante. Ce n’est un secret pour personne, la Sucrerie de Grande-Anse, construite dans les années ‘60, n’est pas aux normes environnementales. Elle pollue gravement l’atmosphère et les eaux marines environnantes. En 2008 le Préfet a mis en demeure la société qui l’exploite, la SRMG, d’effectuer des travaux de mise en conformité aux normes environnementales. C’est ainsi que cette dernière a fait appel à la Société Séchilienne SIDEC, laquelle a déposé, en 2008, une demande d’autorisation d’exploiter une centrale de production d’électricité d’une capacité de 15 MW fonctionnant à la bagasse et au charbon, sur le modèle de ce qui existe au Moule. Voilà bientôt 10 ans qu’un collectif, composé de citoyens et d’associations marie-galantaises, soutenu activement par les Verts Guadeloupe, s’est battu âprement contre un projet funeste de centrale thermique bagasse-charbon. Nous mettions en avant les inconvénients suivants : Le charbon, importé de pays tiers, est nocif pour l’environnement et la santé. Il contient des éléments hasardeux et dangereux, tels que mercure, arsenic, plomb… qui restent dans la cendre. A ceci s’ajoutent les nuisances du transport, de la jetée en mer et du stockage des déchets. Le charbon participe au réchauffement de la planète. En effet, ce combustible fossile est celui qui émet le plus de dioxyde de carbone (CO2). En outre, la production d’électricité de 15 Mégawatts dépasserait de beaucoup les besoins de Marie- Galante (environ 6 MW à l’époque). Ce projet était en tout point contraire aux dispositions de la loi programme 2005-781 du 13 juillet 2005, qui fixait déjà les orientations de la politique énergétique de la France. Cette loi prévoit en effet que tout projet de centrale de production énergétique doit: • contribuer à l’indépendance énergétique ; • assurer un coût compétitif de l’énergie ; • préserver la santé humaine et l’environnement ; • éviter l’aggravation de l’effet de serre ; • contribuer à la cohésion sociale et territoriale. Grâce à la résistance des écologistes, les autorités avaient été contraintes de prendre en considération une solution alternative, à savoir, le «Projet de centrale de cogénération biomasse », présenté par CANN’ELEC Développement, une société à taille humaine représentée par M. Roland GUICHARD. Cette unité de cogénération, d’une puissance de 7 MW, devrait assurer la fourniture de vapeur à la sucrerie et la vente d’électricité à EDF. Il était prévu comme combustibles : • la bagasse provenant de la sucrerie. • la biomasse cultivée (canne combustible ou canne fibre). • les autres biomasses résiduelles (paille par exemple) • les déchets verts ou d’emballage • en phase de démarrage et ponctuellement le Fuel Oil Domestique. Objectif à long terme : que les agriculteurs produisent suffisamment de canne fibreuse pour prendre le relais progressif du fioul , qui serait abandonné au bout de 5 ans. Deux caractéristiques de ce projet avaient retenu notre attention : D’un point de vue écologique : • l’utilisation des déchets verts ou d’emballage qui seraient conservés sur place en tant que combustible ; • la réutilisation de l’eau en boucle fermée donc pas de rejets dans la nature ; • la revalorisation des centres pour une utilisation en épandage dans les cultures ; • la réutilisation de la bagasse provenant de la sucrerie ; • Le non rejet dans l’air de gaz nocif pour la population ; D’un point de vue économique : • Cette centrale CANNE’ELEC devait assurer l’indépendance énergétique de Marie-Galante ; • Elle n’instaurait aucune concurrence entre les activités agricoles traditionnelles et cette nouvelle activité à vocation énergétique ; • Elle tendait à procurer une meilleure rémunération aux agriculteurs et assurer le maintien et le développement de l’activité agricole, en suscitant l’émergence de nouveaux exploitants (à terme, 120 à 150 emplois permanents). Fidèles à notre attachement à la démocratie participative, inhérente au concept de développement durable tant galvaudé, les Verts-Guadeloupe recommandaient aux élus Marie-Galantais d’inviter la population à des réunions pour en discuter afin de prendre position officiellement pour ce « projet de centrale de cogénération biomasse ». A cette époque, nous avions rencontrés les agriculteurs qui étaient assez réservés quant à ce projet novateur et surtout soucieux de l’avenir de leur outil de travail, leur matière première, la canne, tout en voulant préserver leur île. Déjà les partisans de la centrale bagasse-charbon s’appliquaient à effrayer les agriculteurs en leur faisant croire que celle-ci n’avait pas d’alternative et qu’il fallait l’accepter en l’état, malgré ses multiples inconvénients pointés par les écologistes. Depuis, rien n’a été fait pour faciliter la nécessaire transition vers un autre modèle agro-industriel, plus respectueux de l’environnement et plus cohérent, en terme de développement durable. Le développement durable ? Tout le monde en parle mais qu’est-ce que c’est ? Selon la définition convenue, « le développement durable doit répondre à nos besoins présents, sans que cela empêche les générations futures de répondre aux leurs ». Et la mise en œuvre du développement durable doit obéir à quatre principes fondamentaux : Solidarité entre les pays, entre les peuples, entre les générations, et entre les membres d’une société Précaution dans les décisions afin de ne pas causer de catastrophes quand on sait qu’il existe des risques pour la santé ou l’environnement. Participation de chacun, quel que soit sa profession ou son statut social, afin d’assurer la réussite de projets durables. Responsabilité de chacun, pour que celui qui abîme, dégrade et pollue, répare. Tout le monde est concerné, depuis les quartiers et les villages, jusqu’à l’Etat et les organisations internationales. Tout le monde peut réfléchir et agir pour changer les choses : les enfants et les parents, les établissements scolaires, les villes, les régions, l’Etat, les associations, les clubs sportifs, les entreprises, les commerçants, artisans, les agriculteurs etc… La CCMG semble vouloir s’engager dans la voie du développement durable. Nous écologistes ne pouvons que nous en réjouir. Compte tenu de l’importance des choix qu’il induit, il est nécessaire que le projet intitulé « Marie Galante Île du tourisme durable » présenté, dans le cadre de l’appel à projet « Démonstrateurs industriels pour la ville durable », par un consortium composé du Cabinet d’avocat Maryse COPPET, de la CCMG, de VINCI Construction DOM-TOM, de la Compagnie Nationale du Rhône et de divers acteurs privés non identifiés, doit être soumis à un débat public qui ne peut se dérouler en trois mois. Un projet d’une telle ampleur, qui comprend plus qu’une centrale thermique bagasse – biomasse locale, mais aussi l’aménagement d’une base nautique, d’une marina, l’orientation vers un tourisme durable, la création d’un vignoble avec à la clé la formation de la population locale à la culture de la vigne, a besoin d’une adhésion populaire qui ne peut se construire dans la confrontation et l’adversité. Même le simple choix d’une solution énergétique pour Marie-Galante ne peut résulter que d’une analyse globale ouverte aux marie-galantais. Et c’est probablement le déficit de concertation, d’une part, au sein de la CCMG et, d’autre part, avec les acteurs majeurs que sont les agriculteurs, qui explique les crispations actuelles, néfastes à une vraie politique de développement durable. Si on nous avait écoutés quand, dans la foulée de la loi de 2005, Les Verts Guadeloupe invitaient les décideurs publics à ouvrir le débat sur la transition énergétique, nul doute que les esprits des marie-galantais de tous bords y seraient préparés et une solution concertée aurait pris corps. Mais en annonçant, à la veille de l’ouverture de la récolte, une mutation d’une telle ampleur, cela fait nécessairement désordre. A qui la faute ? Certainement pas celle des agriculteurs, qui sont à la fois en position de force et un maillon faible de cette chaine contractuelle tissée par la Convention conclue le 3 avril 2012 entre l’Etat, la CCMG, la SA. SRMG, la COFEPP, MGE, la SICAMA, le Conseil régional et le Conseil général. En effet, cette Convention « fixant les modalités de soutien de l’Etat et des Collectivités Territoriales à l’usine sucrière de Marie-Galante et à la filière canne de Marie-Galante pour la période 2012 à 2015 » prévoit expressément : • Le versement annuel, au plus tard le 1er mars, d’une aide exceptionnelle forfaitaire de 850 000 € par la Région Guadeloupe à la SA. SRMG. • Le versement annuel, au plus tard le 1er mars, d’une aide exceptionnelle forfaitaire de 150 000 € par le Département Guadeloupe à la SA. SRMG. En outre, il était précisé que « si la libération de l’emprise foncière de la SRMG s’avère impossible, le Département s’engage à mettre à disposition de SRMG, dans le cadre d’un bail emphytéotique et à titre gracieux, les terrains contigus à l’usine nécessaires pour le développement de la sucrerie et pour l’implantation d’une centrale thermique, sous réserve de l’accord des élus de Marie-galante qui doivent se prononcer avant le 1er mai 2012 » (ce qui a été fait le 04 octobre 2013). • Le versement annuel par l’Etat, au plus tard le 30 septembre, d’une aide forfaitaire dégressive de 1.900.000 € en 2012, 1.800.000 en 2013, 1.700.000 € en 2014 et 1.600.000 € en 2015. • L’obligation pour la SA. SRMG de présenter à l’Etat et aux Collectivités Territoriales, avant le 30 septembre 2012, et de réaliser sur la période 2012 – 2020 un plan de modernisation de l’usine et de réhabilitation du site (modernisation des équipements, formation du personnel, préservation de l’environnement). La SA. SRMG s’obligeait également à ne pas verser de dividendes à ses actionnaires pendant toute la durée de la convention et à investir l’intégralité de sa capacité d’autofinancement dans des travaux de modernisation de l’unité sucrière, avec un minimum de 1,2 M€ annuels. • La COFEPP s’engageait à assurer le fonctionnement technique de l’unité et à en assurer la trésorerie courante par le blocage de son compte courant d’associé à un niveau suffisant plafonné à 2,3 M€. • La Coopérative des planteurs, la SICAMA, quant à elle, s’engageait à faire tous ses efforts pour porter, d’ici 2015, la production annuelle de cannes à 150 000 tonnes et à assurer un approvisionnement régulier et quotidien de l’usine de l’ordre de 1500 tonnes. • La société Marie-Galante Energie (MGE), dont la SICAMA et la SRMG devraient être actionnaires, s’est engagée à construire une unité thermique permettant la modernisation de l’unité sucrière par la fourniture d’électricité et de vapeur à titre gracieux à la SA. SRMG en échange de la totalté de la bagasse produite, le surplus d’électricité étant délivré sur le réseau dans les conditions fixées par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) selon les termes du contrat la liant à EDF. Selon l’article 8 de ladite convention, ses signataires ont constitué un Comité de suivi chargé de vérifier le respect des engagements qui y ont été pris. Il était prévu que ce comité de suivi se réunisse « deux fois par an, sous la présidence du Préfet de la Guadeloupe, dont une fois à la fin de la campagne pour dresser le bilan technique et examiner les prévisionnels de trésorerie et immédiatement après la certification des comptes de la SA. SRMG, pour l’analyse financière sur la base des comptes de résultats et du bilan ». In fine, l’article 8 prévoit expressément que «la convention serait caduque dès l’instant où il est avéré que la centrale thermique ne serait pas réalisé, quel que soit le motif de cette non réalisation.» Cette convention est arrivé à son terme le 30 novembre 2015, comme stipulé à l’article 10, en ces termes : « la présente convention entre en vigueur au jour de sa signature et est caduque de plein droit au 30 novembre 2015 ». Du fait de ces deux stipulations contractuelles, qui ont valeur de loi entre les signataires, toutes les parties se retrouvent dos à dos, aucune d’entre elles n’ayant pleinement respecté ses engagements. En aucun cas, les planteurs ne doivent être les victimes de ce fiasco général. D’autant qu’ils ont respecté leurs engagements en accomplissant les efforts, malgré les aléas climatiques, pour accroitre leur production cannière qui a pratiquement doublé entre 2015 et 2016, passant de 60 000 à 120 000 tonnes (prévision pour cette année). L’urgence aujourd’hui c’est la récolte de cette laborieuse production ! Il serait criminel que les planteurs fassent les frais de la défaillance des décideurs publics, d’une part, et des contingences économico-financières sur lesquelles ils n’ont aucune prise, d’autre part. Dans le nouveau contexte post COP 21 et 22 et des mannes financières disponibles aux plans national et européen, il revient à l’Etat de reprendre la main et d’exercer son rôle d’arbitre, au-dessus de la mêlée et conclure une nouvelle convention en remplacement de celle de 2012, devenue caduque. Dans un pays démocratique, ce sont les citoyens, en concertation avec leurs élus, qui doivent opérer les choix en fonction de leurs aspirations et de leur vision pour leur territoire. Certes, nous comprenons les appétits de lucre éveillés par les opportunités d’affaires que crée la transition énergétique. Mais aucun consortium, aucun investisseur, ne peut imposer ses choix stratégiques à tout un peuple. Dans une certaine mesure, nous pourrions nous en réjouir car il semble que le temps où l’on prenait les écologistes comme de doux rêveurs soit révolu. Aujourd’hui, tout le monde clame les vertus créatrices d’emplois de l’écologie, et tout le monde prêche le développement durable. Tout le monde il est beau, tout le monde il est écolo ! Vive l’écologie ! Nous sommes de vrais écologistes qui avons fait nos preuves et pris des coups pour nos convictions. Mais nous ne sommes les instruments de personne, ni d’aucun camp. Sur la question d'une centrale thermique adossée à l'usine de Marie-Galante, les Verts Guadeloupe n'ont de leçon d'écologie à recevoir de quiconque. Nous étions un petit groupe d'écologistes convaincus à manifester seuls contre les promoteurs de Centrales thermiques bagasse / charbon et charbon / charbon à Moule et à Marie Galante. Cela fait 8 années, au moins, que nous avons proposé un vrai projet écologique basé sur la bagasse (CANN'ELEC, entre autres). Tant l’Etat que les décideurs de Marie Galante, dont certains sont toujours élus, l'ont laissé sans suite. Si on nous avait pris au sérieux, Marie-Galante serait aujourd'hui à l'avant garde de la transition énergétique ordonnée, enfin, par les autorités françaises et européennes, sous l'impulsion des écologistes. Nous n’avons eu qu'un seul tort, c'est d'avoir eu raison trop tôt. Nous avons récemment rencontré les agriculteurs, qui nous ont exprimé leur angoisse à la veille de la récolte cannière. En militants humanistes et responsables, nous ne pouvons ignorer la souffrance et la peur des planteurs et opérateurs qui ont investi leur argent et leur énergie en vue de la toute prochaine récolte En l'état, nous déplorons un manque de concertation et d'écoute, qui risque de compromettre l'indispensable dé-carbonisation du mix énergétique à Marie-Galante, en particulier, et dans notre archipel tout entier. Quoi qu'il en soit, ceux qui nous connaissent savent, qu'en toute logique, CELV n’exprimera jamais une préférence pour une solution fondée sur l'importation du bois. Nous nous sommes déjà beaucoup investis pour l'écologie et le développement durable de notre pays, n'hésitant pas à attaquer les lobbys et l'Etat français devant les tribunaux. Malheureusement, nous ne sommes soutenus par aucun élu local, même dans les affaires d'empoisonnement de nos sols et de nos eaux par le chlordécone et de l'épandage aérien. Donc dans le débat fortement empreint d’émotions, de postures et d’effets de manche ayant cours aujourd’hui au sujet de la centrale thermique de Marie-Galante, nous avons décidé de prendre notre temps et de rechercher, en toute rationalité, le consensus, dans l'intérêt à court et à long terme de notre pays, conformément à nos convictions, qui n’ont pas changé depuis CANN’ELEC. Harry DURIMEL Michèle MAXO Porte parole de CELV Secrétaire régionale de CELV

jeudi 19 janvier 2017

Va-t-on laisser mettre en danger la vie des guadeloupéens et notre environnement en créant une Marina en plein Jarry ?

LETTRE OUVERTE AU MAIRE DE POINTE-A-PITRE et AU PRESIDENT DE REGION Objet : Va-t-on laisser mettre en danger la vie des guadeloupéens et notre environnement en créant une Marina en plein Jarry ? Il nous a été donné de découvrir qu'un projet porté par une société privée est en cours de finalisation, en catimini, dans la baie de Jarry, en violation des règles de sécurité du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT), sans égard pour le Schéma d’Aménagement Régional et le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SAR/SMVM) et en méconnaissance du droit de l'environnement et du principe élémentaire de solidarité territoriale qui fonde Cap Excellence. En effet, présenté comme « une aire de plaisance», le projet qui nous préoccupe consiste en l'aménagement d’un port de plaisance, plus communément appelé Marina, destiné à accueillir 300 bateaux à flot, avec des unités pouvant atteindre jusqu’à 15 m de longueur, répartis sur 3,9 ha dans la partie sud de la zone industrielle de Jarry. 300 bateaux, avec les services appropriés et les activités d'animation et de commerce qui y sont attachés, il n'est pas besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre que cette nouvelle Marina de Jarry fera concurrence à notre Marina de Bas-du-Fort, au risque de lui porter un coup fatal, alors qu’elle constitue un atout économique et financier majeur pour la ville de Pointe-à-Pitre. En outre, à l’échelle de la Guadeloupe toute entière, qu'est-ce qui justifie que tous les efforts de développement continuent de se concentrer sur Jarry, secteur déjà fort encombré, alors que d'autres communes, d'autres îles de notre archipel, d'autres lieux, tel Vieux Bourg Morne-à-l’eau qui offre un excellent plan d’eau, par exemple, manquent cruellement de moyens pour se développer. Qu'en pense le Maire de Morne-à-l’eau ? Le développement équilibré du territoire n’est-il pas la vocation affichée de la Région? Comment penser que l'on puisse laisser faire une telle Marina à Jarry, alors que l’Autorité environnementale compétente, en vertu des articles L-122-1 et suivants du Code de l’environnement, a, elle-même, émis de vives réserves sur le projet, dans les termes ci-après : « Le projet pose un problème majeur de sécurité des personnes, dans la mesure où celui-ci est prévu pour être implanté en partie dans le périmètre du plan de prévention des risques technologiques (PPRT) de la Pointe Jarry, et en totalité dans la zone couverte par le plan particulier d'intervention du même secteur. Par conséquent le projet, tel qu’il se présente aujourd’hui, est incompatible avec le règlement du PPRT… Le plan de prévention des risques technologiques PPRT de la Pointe Jarry prend en compte les accidents susceptibles de se produire sur les deux établissements SEVESO SARA et RUBIS. Le projet est incompatible avec le règlement du PPRT… » Ledit règlement « interdit, en son titre II, chapitre 13, article 13.2.1, explicitement dans cette zone les aménagements d'espaces publics de proximité avec des équipements de nature à attirer une population extérieure à la zone… Le règlement de ce plan approuvé en 2011 et annexé au PLU de la commune de Baie Mahault constitue une servitude d'utilité publique à laquelle il ne peut être dérogé. L'aménagement dans sa totalité reste en outre dans la zone couverte par le plan particulier d'intervention (PPI) de la Pointe Jarry: ce plan de crise (ou ORSEC risques technologiques), approuvé par arrêté préfectoral le 21 septembre 2011, vise à gérer les effets hors sites d'accidents technologiques susceptibles de survenir sur les établissements SARA et RUBIS, mais aussi EDF et GMA. Dans la zone couverte par le PPI, des consignes de mises à l'abri et d'évacuation sont à mettre en oeuvre. Or, actuellement, aucune aire de plaisance n'est présente (officiellement) dans le périmètre de PPI et aucune disposition spécifique n'est donc prévue pour la mise à l'abri ou l'évacuation des usagers », que le pétitionnaire a déclaré déjà pratiquer sur le site. L'autorité environnementale constate également que ce fameux projet n'est pas conforme au SAR, document de référence opposable en matière d'aménagement du territoire sur l'ensemble de la Guadeloupe, car il se situe dans une zone classée «espèce maritime à forte valeur patrimoniale». Malgré tout, ladite autorité, qui n’est autre que le Préfet de Région, laisse une porte ouverte au pétitionnaire en « lui recommandant instamment d'établir une déclaration de projet préalablement au démarrage de tous travaux » Bien que Jarry soit déjà passablement polluée, l'Autorité environnementale ne peut s'empêcher de relever l'existence de risques environnementaux, en raison, notamment, de : • « plusieurs espèces de cétacés et de tortues marines, bénéficiant d'un statut de protection réglementaires, sont observables en Guadeloupe ; • présence d’herbiers mixtes denses à clairsemés dans les secteurs de profondeur <1 m ; • présence de palétuviers sur un linéaire d'environ 60 m, pour lesquelles les auteurs de l'étude rappellent qu'ils sont susceptibles d'abriter une biodiversité importante ; • proximité de la forêt sèche de Lapointe à Donne à l’Ouest. » En outre, avec la croissance vertigineuse des usagers, jusqu'à 300 bateaux prévus, le développement de cette aire de plaisance sera à l'origine de «perturbations du milieu (rejets d'hydrocarbures, présence de macro déchets, polluants métalliques ou organiques) susceptibles d’impacter les herbiers». Enfin, l'Autorité environnementale signale “les incohérences, contradictions et imprécisions de l'étude d'impact, qui ne remplit pas les objectifs pour lequel elle est imposée, à savoir renseigner le public et les décideurs sur la bonne prise en compte de l'environnement et proposer un projet le moins impactant possible pour l'environnement ». Face à un tel projet, aucun écologiste, ni même aucun élu responsable ne peut rester taisant, car il semble évident que l’Etat s’apprête à donner son agrément à ce projet, tout en reconnaissant les risques qu’il comporte tant pour la sécurité des personnes que pour l’environnement. C’est pour cela que nous avons décidé d’alerter la population et les élus directement concernés en publiant la présente lettre ouverte. Dans le contexte de déficit financier que traverse la ville, on ne peut que s’étonner que le Maire de Pointe-à-Pitre, qui est représentée au sein du Grand Port Maritime de Guadeloupe (GPMG), n’use pas de son influence pour contrecarrer ce projet qui sonnera le glas de la Marina de Bas du Fort. A qui fera-t-on croire en la neutralité de l’Etat, également représenté au Conseil de surveillance du GPMG, qui a laissé inscrire ce port de plaisance de Jarry dans le projet stratégique 2014-2018 dudit GPMG, et qui s’apprête à donner son accord pour sa réalisation tout en mettant en exergue ses défauts et les risques multiples qu’il comporte. Que dit le Président de Région, ancien Maire de Baie-Mahault, qui a promis un développement équilibré de l’ensemble de l’archipel guadeloupéen ? Nous attendons les réponses à ces questions pour aviser des actions juridiques et de terrain à entreprendre pour couper cours à ce projet funeste. Nous en avons assez que l’intérêt général soit sans cesse sacrifié au profit des intérêts particuliers de certains, qui semblent bénéficier de connivences dans les circuits administratifs. Répondè répon’n ! Harry J. DURIMEL Porte parole de CELV

Va-t-on laisser mettre en danger la vie des guadeloupéens et notre environnement en créant une Marina en plein Jarry ?

LETTRE OUVERTE AU MAIRE DE POINTE-A-PITRE et AU PRESIDENT DE REGION Objet : Va-t-on laisser mettre en danger la vie des guadeloupéens et notre environnement en créant une Marina en plein Jarry ? Il nous a été donné de découvrir qu'un projet porté par une société privée est en cours de finalisation, en catimini, dans la baie de Jarry, en violation des règles de sécurité du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT), sans égard pour le Schéma d’Aménagement Régional et le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SAR/SMVM) et en méconnaissance du droit de l'environnement et du principe élémentaire de solidarité territoriale qui fonde Cap Excellence. En effet, présenté comme « une aire de plaisance», le projet qui nous préoccupe consiste en l'aménagement d’un port de plaisance, plus communément appelé Marina, destiné à accueillir 300 bateaux à flot, avec des unités pouvant atteindre jusqu’à 15 m de longueur, répartis sur 3,9 ha dans la partie sud de la zone industrielle de Jarry. 300 bateaux, avec les services appropriés et les activités d'animation et de commerce qui y sont attachés, il n'est pas besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre que cette nouvelle Marina de Jarry fera concurrence à notre Marina de Bas-du-Fort, au risque de lui porter un coup fatal, alors qu’elle constitue un atout économique et financier majeur pour la ville de Pointe-à-Pitre. En outre, à l’échelle de la Guadeloupe toute entière, qu'est-ce qui justifie que tous les efforts de développement continuent de se concentrer sur Jarry, secteur déjà fort encombré, alors que d'autres communes, d'autres îles de notre archipel, d'autres lieux, tel Vieux Bourg Morne-à-l’eau qui offre un excellent plan d’eau, par exemple, manquent cruellement de moyens pour se développer. Qu'en pense le Maire de Morne-à-l’eau ? Le développement équilibré du territoire n’est-il pas la vocation affichée de la Région? Comment penser que l'on puisse laisser faire une telle Marina à Jarry, alors que l’Autorité environnementale compétente, en vertu des articles L-122-1 et suivants du Code de l’environnement, a, elle-même, émis de vives réserves sur le projet, dans les termes ci-après : « Le projet pose un problème majeur de sécurité des personnes, dans la mesure où celui-ci est prévu pour être implanté en partie dans le périmètre du plan de prévention des risques technologiques (PPRT) de la Pointe Jarry, et en totalité dans la zone couverte par le plan particulier d'intervention du même secteur. Par conséquent le projet, tel qu’il se présente aujourd’hui, est incompatible avec le règlement du PPRT… Le plan de prévention des risques technologiques PPRT de la Pointe Jarry prend en compte les accidents susceptibles de se produire sur les deux établissements SEVESO SARA et RUBIS. Le projet est incompatible avec le règlement du PPRT… » Ledit règlement « interdit, en son titre II, chapitre 13, article 13.2.1, explicitement dans cette zone les aménagements d'espaces publics de proximité avec des équipements de nature à attirer une population extérieure à la zone… Le règlement de ce plan approuvé en 2011 et annexé au PLU de la commune de Baie Mahault constitue une servitude d'utilité publique à laquelle il ne peut être dérogé. L'aménagement dans sa totalité reste en outre dans la zone couverte par le plan particulier d'intervention (PPI) de la Pointe Jarry: ce plan de crise (ou ORSEC risques technologiques), approuvé par arrêté préfectoral le 21 septembre 2011, vise à gérer les effets hors sites d'accidents technologiques susceptibles de survenir sur les établissements SARA et RUBIS, mais aussi EDF et GMA. Dans la zone couverte par le PPI, des consignes de mises à l'abri et d'évacuation sont à mettre en oeuvre. Or, actuellement, aucune aire de plaisance n'est présente (officiellement) dans le périmètre de PPI et aucune disposition spécifique n'est donc prévue pour la mise à l'abri ou l'évacuation des usagers », que le pétitionnaire a déclaré déjà pratiquer sur le site. L'autorité environnementale constate également que ce fameux projet n'est pas conforme au SAR, document de référence opposable en matière d'aménagement du territoire sur l'ensemble de la Guadeloupe, car il se situe dans une zone classée «espèce maritime à forte valeur patrimoniale». Malgré tout, ladite autorité, qui n’est autre que le Préfet de Région, laisse une porte ouverte au pétitionnaire en « lui recommandant instamment d'établir une déclaration de projet préalablement au démarrage de tous travaux » Bien que Jarry soit déjà passablement polluée, l'Autorité environnementale ne peut s'empêcher de relever l'existence de risques environnementaux, en raison, notamment, de : • « plusieurs espèces de cétacés et de tortues marines, bénéficiant d'un statut de protection réglementaires, sont observables en Guadeloupe ; • présence d’herbiers mixtes denses à clairsemés dans les secteurs de profondeur <1 m ; • présence de palétuviers sur un linéaire d'environ 60 m, pour lesquelles les auteurs de l'étude rappellent qu'ils sont susceptibles d'abriter une biodiversité importante ; • proximité de la forêt sèche de Lapointe à Donne à l’Ouest. » En outre, avec la croissance vertigineuse des usagers, jusqu'à 300 bateaux prévus, le développement de cette aire de plaisance sera à l'origine de «perturbations du milieu (rejets d'hydrocarbures, présence de macro déchets, polluants métalliques ou organiques) susceptibles d’impacter les herbiers». Enfin, l'Autorité environnementale signale “les incohérences, contradictions et imprécisions de l'étude d'impact, qui ne remplit pas les objectifs pour lequel elle est imposée, à savoir renseigner le public et les décideurs sur la bonne prise en compte de l'environnement et proposer un projet le moins impactant possible pour l'environnement ». Face à un tel projet, aucun écologiste, ni même aucun élu responsable ne peut rester taisant, car il semble évident que l’Etat s’apprête à donner son agrément à ce projet, tout en reconnaissant les risques qu’il comporte tant pour la sécurité des personnes que pour l’environnement. C’est pour cela que nous avons décidé d’alerter la population et les élus directement concernés en publiant la présente lettre ouverte. Dans le contexte de déficit financier que traverse la ville, on ne peut que s’étonner que le Maire de Pointe-à-Pitre, qui est représentée au sein du Grand Port Maritime de Guadeloupe (GPMG), n’use pas de son influence pour contrecarrer ce projet qui sonnera le glas de la Marina de Bas du Fort. A qui fera-t-on croire en la neutralité de l’Etat, également représenté au Conseil de surveillance du GPMG, qui a laissé inscrire ce port de plaisance de Jarry dans le projet stratégique 2014-2018 dudit GPMG, et qui s’apprête à donner son accord pour sa réalisation tout en mettant en exergue ses défauts et les risques multiples qu’il comporte. Que dit le Président de Région, ancien Maire de Baie-Mahault, qui a promis un développement équilibré de l’ensemble de l’archipel guadeloupéen ? Nous attendons les réponses à ces questions pour aviser des actions juridiques et de terrain à entreprendre pour couper cours à ce projet funeste. Nous en avons assez que l’intérêt général soit sans cesse sacrifié au profit des intérêts particuliers de certains, qui semblent bénéficier de connivences dans les circuits administratifs. Répondè répon’n ! Harry J. DURIMEL Porte parole de CELV

jeudi 29 décembre 2016

LA GRANDE INTERVIEW D'HARRY DURIMEL - FOCUS MAGAZINE décembre 2016

lundi 3 octobre 2016

CHLORDECONE : Ce mardi 4/10/16 Je serai sur Télé Martinique 1ère pour faire le point sur la plainte pénale déposée depuis 2006

Bonsoir à tous. Ce mardi 4 octobre 2016 à 20 heures, je suis invité par Télé Martinique 1ère à participer à l'émission "RESONNANCE" pour faire le point sur le dossier CHLORDECONE. A la veille de l’examen des discussions au Sénat d’un projet de loi sur la création d’un fond d’indemnisation des victimes de pesticides, quelle réparation pour les antillais concernés ? Quelles sont les pathologies les plus fréquentes, quelle sont les tranches d’âge les plus touchées ? Quelle indemnisation pour les victimes ? A travers des reportages, des témoignages et en présence de 4 invites interrogés par Cyriaque Sommier, nous ferons un état des lieux. Résonance est un débat interactif avec les téléspectateurs. Au cours de cette émission, vous êtes invités à poser des questions, à réagir et à commenter le débat en direct sur les réseaux sociaux, via Twitter et la page Facebook de Martinique 1ère avec le hastag #RESO 972. Harry J. DURIMEL

vendredi 29 juillet 2016

RENCONTRE DE CARAIBE ECOLOGIE - LES VERTS GUADELOUPE AVEC LE DEPUTE EUROPEEN LOUIS-JOSEPH MANSCOUR

Le mercredi 27/7/16, à l’occasion de notre rencontre avec le Député européen Louis-Joseph MANSCOUR, les militants écologistes et les représentants d’agriculteurs et de pêcheurs ont eu des échanges riches et sans complaisance...

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samedi 2 juillet 2016

CARAIBE CREOLE NEWS PUBLIE LA TRIUBUNE D'Harry DURIMEL SUR LA GEOTHERMIE A BOUILLANTE

jeudi 30 juin 2016

CHLORDECONE, LE SCANDALE OUBLIÈ

Nous nous n'oublions pas ce scandale et nous n'abandonnerons jamais ce combat jusqu'à ce que les coupables soient traduits en justice en France ou devant la Cour de justice européenne. A bientôt pour une conférence publique avec le député européen Louis MANSCOUR que nous avons interpellé pour qu'il soutienne notre pétition qui a été jugée recevable par la Commission européenne dès pétition.

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vendredi 24 juin 2016

POURQUOI JE N’ADHERE PAS AU COLLECTIF CONTRE L’ENTREE D’ORMAT AU CAPITAL DE GEOTHERMIE BOUILLANTE

Le lundi 14 mars 2016, la société américaine ORMAT Technologies, Inc., basée à Reno dans le Nevada aux Etats-Unis, a annoncé officiellement sur son site internet la signature d’un Protocole d’Investissement et de Prise de Participation avec la holding SAGEOS, filiale à 100% du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM, établissement public à caractère industriel et commercial), pour acquérir progressivement 85% du capital de la SA Géothermie Bouillante. Depuis, un débat a été lancé par un collectif impulsé par Alain PLAISIR (Président du CIPPA) et Jean-Claude MALO (ex-Maire de Bouillante), entre autres, autour de la géothermie, avec comme finalité affichée : l’opposition à « la vente de l’usine géothermique de Bouillante à une société américaine », ou encore, « empêcher de brader le patrimoine du peuple guadeloupéen ». (sic) Présenté comme çà et en offrant comme alternative une grande quête populaire et une participation majoritaire de la Région au capital d’une Société d’économie mixte (SEM) à créer pour l’achat et l’exploitation de ladite usine, la position du Collectif ne peut que séduire. Qui peut ne pas être d’accord avec un tel discours ? Qui peut ne pas adhérer à l’idée d’une appropriation collective des moyens de production et de leur mise au service du peuple, au moindre coût ? On peut toujours rêver d’un changement radical de société, de la fin du capitalisme et de l’édification d’une société qui soit la meilleure dans le meilleur des mondes. Mais lorsqu’on aspire à gouverner et faire évoluer par petits pas notre société vers un monde plus juste, avec les clés de l’Etat de droit dans lequel on vit, on se doit d’être réaliste. Et c’est pour porter une dose de réalisme, de pragmatisme et d’écologie dans le débat en cours, que je me risque à écrire la présente note. Avertissement : Le sujet étant complexe et délicat, je vous prie de prendre le temps de lire jusqu’au bout le présent texte, qui, je l’admets, est un peu long. Définition et enjeux de la Géothermie La géothermie ou chaleur de la terre se présente sous forme de réservoirs de vapeur ou d'eaux chaudes ou encore de roches chaudes. Lorsque la température du réservoir géothermique est élevée et permet de produire de la vapeur, il est possible de produire de l'électricité. La Guadeloupe est loin d’être la seule à pouvoir exploiter la ressource Géothermique dans notre zone géographique. L’arc Caraïbes est, par essence, volcanique et présente un important potentiel géothermique, notamment à la Dominique, Montserrat, Grenade, Saint Kitt et Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent… Mais l’unité géothermique de Bouillante en Guadeloupe demeure la seule unité en fonctionnement de toute la Caraïbe insulaire. La géothermie est pour la Caraïbe une richesse et une condition de son autonomie énergétique. Parce qu’elle permet de produire une électricité propre et à un coût moindre que les filières classiques (entre 100 et 200 € du MWh, contre 250 € du MWh en moyenne pour l’électricité produite à partir d’énergies fossiles), elle constitue un facteur déterminant du développement économique régional. Les investissements liés au développement de la géothermie sont, d’une part, d’un montant très élevé et, d’autre part, risqués, au moins dans les premières étapes de développement de projet, raisons pour lesquelles cette ressource a été délaissée dans notre région. En outre, son exploitation requiert une maîtrise du process qui, bien que connu, reste très complexe. Enfin, deux autres freins potentiels à ne pas ignorer, ce sont : l’intégration environnementale et l’acceptation sociale. À Bouillante, l’implantation de l’usine en plein bourg, génère des nuisances sonore et olfactive qui ont provoqué un rejet par la population locale. Aujourd’hui, la diminution des ressources pétrolières et le renchérissement consécutif du combustible poussent à regarder vers la valorisation d’autres ressources énergétiques et, en premier lieu, celles dont nous disposons. C’est ainsi que la géothermie connaît aujourd’hui un fort regain d’intérêt. Présentation et historique de la centrale de Bouillante Depuis la première exploration réalisée en Guadeloupe par le BRGM en 1963, la réalisation des premiers forages par la société EURAFREP en 1969, et jusqu’à aujourd’hui, l’usine de Bouillante a connu un parcours mouvementé, comme tout projet expérimental et novateur. La centrale géothermique de Bouillante est constituée d’une unité de production d’électricité de 4,5 MW (Bouillante 1 ou B1) mise en service par EDF en 1986, et d’une deuxième unité construite sur le même site (Bouillante 2 ou B2) qui a commencé à produire en 2004. Ces deux unités, implantées dans le bourg, affichent une puissance nette totale de 14 MW environ. En 2009 et 2010, les installations B1 et B2 de l’usine de Bouillante ont connu de multiples difficultés techniques, mais aussi sociales, qui ont fait chuter la production et ont détérioré les agrégats financiers des sociétés impliquées du groupe de 2009 à 2012. Devant les très grandes difficultés de trésorerie et de financement pour le groupe, nées des problèmes rappelés ci-dessus, et parce que ce n’est pas son cœur de métier, le BRGM ne souhaite pas demeurer l’exploitant de l’usine. Sa volonté, ainsi que celle de l’État dont il est l’émanation, est d’en confier l’exploitation à un industriel. En janvier 2011, dans le cadre d’une consultation sur l’ouverture du capital lancée par GB auprès d’entreprises ayant manifesté leur intérêt pour elle, trois dossiers de candidature étaient en cours d’examen. Aucune entreprise guadeloupéenne, ni aucun collectif citoyen, ne se sont manifestés, bien que la consultation ait été ouverte à tous les investisseurs, sans discrimination de nationalité ou de couleur de peau. Seul l’ex-Maire de Bouillante, Jean Claude MALO, a revendiqué que sa commune puisse légitimement tirer avantage de la présence de l’usine de géothermie sur son territoire. Il réclamait, dès cette époque, que la commune de Bouillante puisse bénéficier d’une redevance minière et suggérait la création d’une SEM Energie afin de pouvoir faire partie du tour de table de l’entreprise, savoir ce qui s’y passe et bénéficier des retours sur investissement. Dans un rapport publié le 27 avril 2015, la Cour des comptes a préconisé de relancer le processus de transfert de la propriété et de la gestion de l'entreprise Géothermie Bouillante à un industriel privé. Quant à EDF, dont l’Etat est l’actionnaire majoritaire, elle a régulièrement réduit sa participation dans Géothermie Bouillante SA : 40 % en 1995, puis 30 % à partir de 2008, 5,8 % en 2010 et finalement 2,2 % en 2011, marquant ainsi clairement sa volonté de se désengager. Aujourd’hui, les chiffres clés à retenir pour discuter de Géothermie Bouillante SA sont les suivants: o Capital : • SAGEOS (filiale à 100% du BRGM) : 97,8% • EDEV (groupe EDF) : 2,2% o 14 MW de puissance installée (B1 : 3,5 MW et B2 : 10 MW), pour un équivalent de production de l’ordre de 10 MW, o 17 personnes à temps plein sur le site o CA 2013 : 10,1 M€ o 6,35% en 2005, 4,35% de la production d’électricité de Guadeloupe en 2014, avec 75 GWh C’est dans ce contexte de déclin de la production et de désintérêt de la France pour cette richesse locale, qu’est intervenu l’accord avec la société américaine ORMAT, qui prévoit ce qui suit : ORMAT versera à peu près 22 Millions d’Euros (24 Millions de Dollars US) à SAGEOS pour une prise de participation au capital de Géothermie Bouillante SA de 79,6%. De plus, ORMAT s’engage à investir environ 10 Millions d’euros dans les 2 ans à venir, notamment à Bouillante dans la centrale existante, mais également dans le développement de B3, ce qui portera sa prise de participation, à terme, à 85% du capital de Géothermie Bouillante SA. Selon le Protocole d’Investissement, ORMAT versera à terme 16 Millions d’Euros supplémentaires à SAGEOS, sous réserve de l’atteinte d’objectifs de production et des capacités additionnelles de développement sur une période donnée. La technologie et l’expertise d’ORMAT lui permettront d’optimiser rapidement les installations existantes, pour atteindre l’objectif de développement initialement prévu de 14,75 MW de puissance installée dès 2017. Egalement, les améliorations prévues sur les installations existantes et le développement futur de la ressource, au travers de B3, permettront à ORMAT de porter progressivement la puissance installée à 45 MW d’ici 2021. Que savons nous à propos d’ORMAT ? Avec plus de 50 ans d’expérience, ORMAT Technologies Inc., entreprise basée à Reno, dans le Nevada aux Etats-Unis, est un leader dans le secteur de la géothermie. Elle possède, exploite, conçoit, développe, fabrique et vend des unités de production géothermiques et de production à partir d’énergies de récupération en se basant essentiellement sur la technologie du convertisseur d’énergie ORMAT, qui produit de l’électricité à partir de vapeur à basse, moyenne et haute température. Avec 72 brevets déposés aux Etats-Unis, les solutions de production d’électricité d’ORMAT ont été affinées et perfectionnées dans les conditions environnementales les plus exigeantes. ORMAT compte 450 salariés aux Etats-Unis et plus de 600 à l’international. Elle a conçu, fabriqué et construit des installations qu’elle possède, ou a développé pour des compagnies d’électricité et des développeurs à travers le monde, pour une capacité de production brute cumulée de 2 000 MW. Il n’y a pas en France beaucoup d’entreprises qui s’intéressent à la géothermie. Les deux qui sont capables de mener à bien le développement d’un tel projet, et encore, avec une aide extérieure pour l’exploitation du gisement, sont EDF et ENGIE (ex-GDF SUEZ). EDF a longuement étudié ce dossier et n’a pas souhaité s’engager. ENGIE ne s’y est pas intéressée. Certes, nous aurions préféré que ce soit des guadeloupéens qui soient majoritaires dans le capital de la société exploitant cette ressource minière. Mais il est vain d’entretenir l’illusion d’une collecte de fonds populaire pour prendre le contrôle de cette industrie et rassembler les dizaines de millions d’euros nécessaires. L’île de la Dominique, à côté de nous, est confrontée au même dilemme : comment réduire la dépendance énergétique aux ressources fossiles importées, onéreuses et polluantes ? Comment se convertir à l’énergie verte grâce à la géothermie dont elle est riche dans son sous sol ? Dépourvue de moyens de l’exploiter, elle s’est adressée à l’Europe, à la Guadeloupe, la Martinique et à diverses entreprises internationales, dont des françaises, telle EDF et ENGIE, qui lui ont tourné le dos, après lui avoir fait des yeux doux. Le montage juridique En France, les gisements sont la propriété de l'État et font partie de son domaine. Le sous-sol, la mine sont « res nullius » et sont de compétence régalienne. Régalien (du latin regalis, royal) définit ce qui est attaché à la souveraineté (peuple, roi, selon les régimes politiques). C'est l'État qui attribue des droits et un délai d'usage et qui fixe les conditions d'exploitation. Le droit minier est régi par le Code minier. L'autorisation ministérielle se présente sous la forme d'un titre minier : concession, permis d'exploitation (disparu aujourd'hui, sauf dans les DOM). Ce titre est attribué par décret en Conseil d'État après une longue procédure, qui peut prendre plusieurs années. Il donne un droit d'exclusivité au titulaire pour la recherche et l'exploitation de ce ou ces produits dans le périmètre défini dans le texte du décret. Le titre peut être cédé, mais cette vente doit être validée par l'autorité concédante sous forme d'un arrêté ministériel qui autorise la mutation du titre et qui est obtenu également à la suite d'une procédure précise. Il peut être également loué sous forme d'une amodiation (la location d'un droit d'exploitation) qui doit également être autorisée par l'autorité concédante. Il ressort de l’article 119-1 du Code minier que « Tout titulaire d'un permis exclusif de recherches, d'une concession de mines, ou d'une des autorisations prévues aux articles 98 et 99, tout titulaire d'une autorisation d'amodiation de titre minier peut, après mise en demeure, se voir retirer son titre ou autorisation », notamment, pour « défaut de paiement des redevances minières, cession ou amodiation non conforme aux règles du code, Infractions graves aux prescriptions de police, de sécurité ou d'hygiène et, plus généralement, inobservation des engagements souscrits visés dans l'acte institutif » Par décret en date du 17 juin 2009, le gouvernement a accordé à la société Géothermie Bouillante, filiale du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et d'EDF, pour une durée de cinquante ans jusqu'au 30 avril 2050, une concession de gîtes géothermiques à haute température, d'une superficie d'environ 24 km2, portant sur partie du territoire de la commune de Bouillante (Guadeloupe) et sur les fonds marins du domaine public maritime. Cette concession couvre aussi bien la zone actuellement exploitée (unités B1 et B2) que la zone située au nord de la baie où B3 pourrait être développé. L’exploitation de la centrale a été confiée à CFG services jusqu’en 2012, dans le cadre d’un contrat d’exploitation avec Géothermie Bouillante SA, propriétaire des installations. Les deux sociétés sont respectivement des filiales à 97,8 % et 100 % de la holding SAGEOS détenue à 100 % par le BRGM, Etablissement public industriel et commercial de l’Etat français. Demain, si les américains ne prennent pas peur, au vu de l’hostilité manifestée par un groupe de guadeloupéens, grâce à l’apport d’ORMAT, Géothermie Bouillante SA se présentera comme suit : o 22 M€ versés à SAGEOS (holding) + 10 M€ d’investissements d’ici 2017 pour atteindre une prise de participation de 85% au capital de Géothermie Bouillante SA, o 14,75 MW, en production dès 2017 suite à l’investissement de 10 M€, o 45 MW de puissance installée en 2021, suite à l’amélioration de B1+B2 et au développement de B3 (nord de la baie de Bouillante) pour environ 16% de la production électrique de Guadeloupe. Nous n’avons pas de désaccord idéologique avec ceux qui ont fait opportunément de l’investissement d’ORMAT dans la géothermie en Guadeloupe, leur cheval de bataille. De tout temps, nous avons dénoncé le libéral-productivisme qui sévit dans le monde, et dont l’Union européenne (UE) s’est faite également l’adepte en renonçant au modèle social européen au profit du modèle américain. Mais force est de reconnaître aujourd’hui que le néolibéralisme trouve dans le développement des techniques de communication et la porosité des frontières un terreau et de formidables outils pour conquérir des marchés partout dans le monde. Dans ce contexte et eu égard aux règles de droit applicables (code minier, codes du commerce et des sociétés, l’OMC et autres traités internationaux), nul ne peut empêcher un américain de venir investir en Guadeloupe, ni contraindre une société à choisir tel ou tel actionnaire pour accroitre son capital et sa capacité d’investissement. Il est vain de laisser croire aux guadeloupéens qu’ils pourront s’imposer dans le capital de SAGEO et réduire à néant l’accord d’ores et déjà conclu avec ORMAT, sous l’égide du Gouvernement français, sauf si la Guadeloupe devenait indépendante dans les prochains jours. Economiquement : À court terme, avec les 10 M€ qu’ORMAT s’apprête à mettre sur la table dès cette année 2016 dans l’amélioration des installations existantes, ce sont ainsi près de 2 M€ d’Euros qui pourraient bénéficier directement au territoire, sécurisant et même créant de nouveaux emplois. La Guadeloupe pourra bénéficier d’un outil opérationnel, à la pointe de la technologie, porté par des investisseurs responsables, soucieux de la préservation de l’équilibre et du développement du tissu économique local. L’usine de Bouillante a été mise en service sur la base d’un projet expérimental en mobilisant des entreprises et des travailleurs guadeloupéens. Elle a bénéficié du savoir-faire de ces mêmes entreprises lors de sa rénovation en 2013 avec pour 800 000 € de travaux passés à des entreprises locales sur un budget global de 4,4 M€. La Guadeloupe a plus à gagner dans l’optimisation de la ressource géothermique que son exploitation en bas régime par l’Etat français, comme il le fait depuis près d’un demi-siècle, dans la plus grande indifférence populaire et politique. Si l’Etat avait été un bon gestionnaire, on n’en serait pas là aujourd’hui à chercher désespérément des fonds privés. Le développement de la géothermie à Bouillante fera de la Guadeloupe, seul territoire caribéen détenant une centrale géothermique en fonctionnement, une vitrine de cette filière d’avenir dans la Caraïbe. C’est en ce sens que j’ai agi, quand j’étais le Président de la Commission Energie dans l’ancienne majorité au Conseil régional. J’ai encore à l’esprit, certains moments forts que j’ai vécus en cette qualité. Par exemple, le 21 juin 2013, lors de la célébration du 50ème anniversaire de la géothermie à Bouillante, dans la plus grande indifférence de la majorité des guadeloupéens, j’ai eu à prononcer un discours d’ouverture de la manifestation organisée par le nouveau Directeur de l’usine. Pointant du droit les enjeux et les perspectives, j’indiquais qu’à proximité de nous, se trouve un marché représentant plus de 6000 MW d’installations géothermiques. Notre positionnement est idéal pour exporter certaines activités de services, si nous développons demain une masse critique de compétences autour de la géothermie en Guadeloupe. Cela implique, en premier lieu, la relance de l’exploitation géothermique à Bouillante. Cela fait trop longtemps que ce site est délaissé et fonctionne de façon aléatoire. Il faut restructurer l’existant, développer Bouillante III qui existe dans les cartons depuis longtemps. Une exploitation comme celle-là, ne peut exister au XXIème en ignorant son voisinage. Des efforts certains ont été faits pour traiter les nuisances, mais il faut aller plus loin. C’est pour cela que nous avons soutenu le principe de la création d’une redevance communale sur l’exploitation de la géothermie. Il faut développer les retombées pour la commune qui subit des contraintes certaines au bénéfice de l’intérêt général… Politiquement : Contrairement à ce qui est allégué, la volonté politique régionale en faveur de la géothermie a été amplement affirmée pendant la précédente mandature. Dans la stratégie énergétique définie par l’ancienne majorité au Conseil régional, la géothermie devrait compter pour pas moins de 34% dans notre mix électrique à l’horizon 2030. Afin d’accélérer le partage de connaissance, la Guadeloupe a organisé à Gosier, les 9 et 10 Septembre 2015, un séminaire international sur le thème « Géothermie : richesse et autonomie énergétique de la Caraïbe - Produire notre électricité autrement ». Je n’ai pas souvenance d’y avoir croisé ceux qui me font le reproche aujourd’hui de ne pas participer à la fronde tardive contre ORMAT. Nul ne peut contester que Caraïbe Ecologie – Les Verts Guadeloupe a fait entendre tout l’intérêt qu’elle porte à la Géothermie, à travers mon implication active au sein de la Commission Energie que j’ai présidée de 2010 à 2015. La Région Guadeloupe a accompagné le développement du site de Bouillante par un soutien politique ou financier. En 2013, lors du désengagement d’EDF dans les projets de géothermie aux Antilles (Bouillante et Dominique), la Région adressait plusieurs courriers au Premier Ministre ainsi qu’au Ministre de l’Energie pour alerter sur la situation et demander une intervention. Ce soutien s’est à nouveau manifesté, le 26 octobre 2015, par l’adoption d’une nouvelle motion destinée à faire connaître le positionnement favorable de la Région au regard de la géothermie pour les années à venir. Compte tenu de l’intérêt majeur de cette ressource pour le développement du territoire, la Région a traduit sa volonté de soutenir la géothermie par sa prise en compte dans tous les documents de planification : Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) en 2012, Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) en cours d’adoption, et par son inscription dans les axes de développement prioritaires retenus dans le cadre du PO FEDER 2014-2020. La géothermie apparaît ainsi dans l’Axe 3 « Soutenir la transition vers une économie à faible teneur en carbone » et plus particulièrement dans la fiche action n°14 : « accroître la part des énergies renouvelables dans le mix électrique pour une plus forte autonomie énergétique ». Ecologiquement : L’arrivée d’ORMAT et de l’argent frais qu’elle promet permettront de passer de 10 MW, à 14,5 MW dès 2017 et 40 MW à l’horizon 2021. Résolument engagés dans la lutte pour la transition énergétique et l’abandon progressif du fuel et du charbon qui nous coûtent cher, polluent et participent au réchauffement de la planète, les écologistes ne peuvent limiter leur approche de ce sujet à un simple sentiment nationaliste ou xénophobe. Ni moins ni plus que les autres, nous aimons la Guadeloupe et nous aspirons à ce qu’elle soit un archipel vert et, dans l’absolu, autosuffisant en énergies renouvelables. Même si la Guadeloupe était un pays souverain, et surtout si elle l’était, il nous faudrait recourir aux capitaux étrangers pour développer les infrastructures et l’économie locale. Donc mon analyse est compatible avec l’aspiration légitime de tout peuple à s’auto gouverner. Nous avons tout intérêt à ce que l’usine géothermique de Bouillante sorte de la léthargie dans laquelle elle sombre après de longues années de gestion publique, à travers le BRGM, Etablissement public industriel et commercial (EPIC) de l’Etat français et sa filiale SAGEOS. Socialement : Gageons qu’une usine mieux gérée génèrera création d’emplois directs et indirects, car les 150 millions d’investissements qui s’imposent à court et moyen terme donneront assurément du travail aux entreprises guadeloupéennes. À ma connaissance, le Comité d’entreprise de la centrale de Bouillante n’a pas émis d’avis défavorable et le personnel de cette entreprise semble plutôt voir d’un bon œil cette arrivée de capitaux lourds et d’argent frais pour requinquer leur usine vieillissante et en décrépitude. Les syndicats devront rester vigilants, comme ils l’ont toujours été, pour éviter tout dumping social. Aujourd’hui les guadeloupéens payent l’électricité à un prix largement inférieur à son coût de production, grâce au système de solidarité nationale appelée CSPE (contribution au service public de l'électricité (CSPE). Le MWh d’énergie géothermique est racheté 165 € par EDF, alors que le MWh au fuel coûte 230 €. Quels que soient sa source et son coût de production à la consommation, les guadeloupéens payent l’électricité 150 euros le MWh, soit 12,70 centimes le KWh. Combien de temps encore ce système, qui veut que les métropolitains payent pour nous la différence entre le coût réel de production et le prix de vente, grâce à la CSPE, durera-t-il ? Le système néolibéral impulsé par l’hégémon américain et la Commission européenne a déjà sonné le glas des systèmes préférentiels, tels les quotas dont bénéficient encore les producteurs de banane, sucre et rhum ultramarins. Le surendettement de l’Etat français, couplé à l’inexorable privatisation généralisée de l’économie, augure de jours difficiles pour les entreprises et les ménages guadeloupéens si nous ne sortons pas de la dépendance au fuel et au charbon. De 12,70 centimes aujourd’hui, le coût d’achat de l’électricité passerait à 35 voire 40 cts par kwh, si la CSPE venait à disparaître. C’est pourquoi je ne vois pas l’arrivée d’ORMAT, audacieuse pour un petit marché comme le notre, dans le capital de SAGEOS comme le désastre que d’aucuns veulent faire croire. Bien entendu notre combat pour le développement durable continue. Assurément, la Région Guadeloupe doit prendre une part dans le capital de cette société exploitant une ressource essentielle pour notre territoire. Sa présence doit permettre de veiller à la conformité du fonctionnement de l’usine aux normes sociales et environnementales compatibles avec les exigences du développement durable. Mais la Région n’a pas vocation à faire du commerce en exploitant un secteur industriel. N’oublions pas que l’argent public c’est notre argent, nos impôts. Et il serait particulièrement périlleux que l’argent public soit massivement investi dans un secteur concurrentiel comportant autant de risques. Le rôle de la collectivité est d’aider à financer la part de risque qui est très importante dans les premières étapes de développement. Par contre, les investissements sont très importants et il faut un savoir–faire industriel sur la production d’énergie et un savoir-faire sur l’exploitation du sous-sol. Cela est donc clairement du ressort des grandes entreprises privées. Pour autant, il faut que le territoire soit associé par un biais ou un autre. Par ailleurs la structuration d’une filière géothermique passe par la réalisation en Guadeloupe, d’activités de recherche/développement et de formation pour que les emplois créés puissent profiter à la population locale. Nous, ancienne majorité à la Région, avons de notre côté construit le projet INTERREG, "Géothermie Caraïbe", destiné à développer des bonnes pratiques dans le montage de projets de géothermie dans la Caraïbe sur la base de l’expérience guadeloupéenne mais également à inscrire la Guadeloupe au cœur de la structuration d’une filière d’excellence industrielle d’exploitation de ressources géothermales haute température en milieu insulaire volcanique. Les entreprises qui s’investiront dans cette démarche devraient trouver la Région pour les accompagner. Nous nous sommes largement investis pour soutenir les projets d’EDF et du BRGM à Bouillante et d’EDF à la Dominique. EDF s’est retirée de manière soudaine et unilatérale. C’est pour nous incompréhensible et inadmissible tout comme étaient inadmissibles ces discussions sans fin entre le BRGM et EDF à Bouillante au mépris de l’intérêt général. Dans le contexte de crise actuel, il n’est pas possible de négliger une ressource telle que celle-là. Mais il faut éviter toute passion et toute instrumentalisation.

mercredi 13 janvier 2016

Interview d'un cubain à Cuba par Harry J. DURIMEL

Mes chers amis, Comme promis, je publie ci-après l'interview d'un cubain que j'ai réalisée à La Havane, le 3 janvier 2016. Mieux que mon témoignage, ces propos émanant d'un cubain, que j'ai simplement traduits et dont je détiens la version audio originale, permettront à chacun de se faire une certaine idée. LA HAVANE, le 3 janvier 2016 Marcelino va se présenter : Je m’appelle Marcelino. Je suis né ici à CUBA, mais je viens de la SIERA MAESTRA et je vis ici à la HAVANE depuis plus de 51 ans. Je suis venu ici comme étudiant et j’ai fini comme Ingénieur. Telle est ma petite histoire ici. Question : Je vois que tu es un Ingénieur qualifié. Parle nous de ta vie professionnelle. Réponse : J’ai été diplômé en 1979. J’ai travaillé pendant 30 années pour le Gouvernement, mais depuis quelque temps, en raison des changements économiques et puisque les cubains ont la possibilité d’exercer un emploi de ce qu’ils peuvent faire, j’ai vu l’opportunité pour moi d’exercer ce métier de taxi. Question : Je voudrais te poser une autre question. CUBA semble à la fois riche et pauvre. Que peux-tu me dire à ce sujet ? Que dirais-tu ? CUBA est riche ou pauvre ? Réponse : Selon moi, en tant que cubain, je dirai que CUBA c’est le plus riche des pays (il dit cela en rigolant) ; mais laisse moi te dire : Il y a aux Nations Unies ce que l’on appelle l’indice de développement humain. Parmi toutes les nations qui composent l’ONU, CUBA occupe la 15ème place du point de vue de l’indice de développement humain, sans l’économie. Mais quand on y inclut l’économie, nous descendons à la 52ème place. Pour tout ce qui dépend du gouvernement (services publics) et du social, on peut dire que nous y arrivons ; mais lorsqu’on inclut l’économie et que nous ne pouvons pas accéder à toutes les ressources existantes, là, le gouvernement ne rencontre pas toutes les possibilités pour faire ce qu’il y a à faire (du point de vue économique). Par exemple, quand tu prends l’éducation, la santé, il y a un certain nombre de choses qui sont ici gratuites. Par exemple, du point de vue alimentaire, grâce au carnet, « la tarjeta », comme on l’appelle, le gouvernement garantit un minimum vital à tous les cubains. Certes, ce n’est pas assez, mais au moins il y a un minimum pour lequel les gens n’ont pas à se soucier. C’est vrai que les gens se font leur opinion au sujet de cette situation, sans savoir et sans avoir vu, mais lorsque tu viens à CUBA, tu as la possibilité de voir comment nous vivons et ce que nous voulons. Question : Tu me dis que tout le monde mange, tout le monde a droit à l’éducation, à la santé à CUBA ? Réponse : Au moins le gouvernement assure à chacun de quoi manger pendant au moins deux semaines, même sans travailler. J’insiste pour dire que ce n’est pas assez pour vivre toujours, mais au moins, pendant deux semaines tu es sûr de manger sans faire d’effort. Question : Penses-tu que le socialisme a fait du bien ou du mal à CUBA ? Réponse : Je te réponds que l’une des meilleures choses qui aurait pu arriver à CUBA c’est le socialisme. Mais, comme toute chose dans le monde, il y a des changements qui se produisent et, à tout moment, tu dois adapter ta situation à l’évolution des choses. En effet, aujourd’hui, le socialisme à CUBA n’est pas le même qu’en 1961/1962 quand tout a commencé. Lors du dernier congrès du parti communiste, la population a été consultée et elle a dit qu’est-ce-qu’elle voudrait, comment elle voudrait que le communisme évolue et un document a été élaboré qui s’appelle « L’INAMIENTOS DE COMMUNISMO », les ajustements du communisme, les adaptations du communisme à l’évolution du monde. Question : Mes fils qui vivent à LOS ANGELES m’ont dit qu’un de leurs amis qui revenait de CUBA a dit que les cubains n’aiment pas CHE GUEVARA parce qu’il aurait fait du tort à CUBA et moi-même un taximan m’a dit que le problème de CUBA ce n’est pas l’embargo, le problème de CUBA c’est CASTRO. Qu’en penses-tu ? Réponse : Je ne sais pas d’où vient cette opinion, mais les gens ici à CUBA, dans leur grande majorité, aiment et considèrent Che GUEVARA, la dignité de Che GUEVARA, la lutte de Che GUEVARA. Oui, les gens aiment l’humanisme de Che GUEVARA, son combat contre le capitalisme et contre l’impérialisme ; comment Che GUEVARA a lutté pour renverser l’ancien gouvernement de BATISTA ; l’ancien gouvernement de BATISTA, commandé par BATISTA, en fait commandé par les Etats-Unis. Oui c’était les américains, les divers gouvernements américains qui étaient les maîtres ici à CUBA sous BATISTA. Quand Fidel CASTRO a informé Che GUEVARA et l’a invité à venir ici à CUBA combattre ce système, oui il est venu ici à CUBA ; Quand Che GUEVARA a su que Fidel CASTRO organisait des gens pour aller se battre à CUBA, Fidel CASTRO l’a invité à venir à CUBA et il est venu avec lui et il a fait de son mieux à CUBA et lorsque Che GUEVARA est mort en BOLIVIE, lors d’un de ses discours, Fidel a dit que ce qu’il voudrait, le modèle, ce qu’on l’on souhaiterait pour nos enfants c’est qu’ils soient comme Che GUEVARA, c’est-à-dire qu’ils soient anti-impérialistes et qu’ils puissent combattre comme Che GUEVARA a combattu ici, à CUBA. Question : Donc tu penses que ceux qui disent que les cubains n’aiment pas Che GUEVARA ce sont des détracteurs, ce sont les américains qui le disent et le répandent aux Etats-Unis pour déstabiliser CUBA ? Réponse : Oui, je le pense. Et maintenant que Che GUEVARA est décédé, il est un exemple, il est un modèle pour tous les progressistes dans le monde. D’ailleurs, c’est la photo la plus exposée, la plus publiée à travers le monde depuis l’histoire de l’humanité. Cette photo que tu as vue sur la Place de la Révolution est la photo la plus publiée, la plus répandue dans le monde, c’est celle de CHE GUEVARA et beaucoup d’endroits portent le nom de Che GUEVARA, beaucoup d’édifices, beaucoup de rues, beaucoup de choses portent le nom de Che GUEVARA. Donc si les gens à CUBA n’aimaient pas Che GUEVARA, je ne pense pas qu’il en serait ainsi ! Question : En raison de l’évolution des relations avec les Etats-Unis, le rapprochement qui est en cours, n’as-tu pas peur que cela soit une menace pour le socialisme et la révolution telle qu’elle est en cours à CUBA Réponse : L’objectif, l’obsession des américains a toujours été de détruire la révolution cubaine, de prendre le pouvoir et de dominer, non seulement CUBA, mais toute l’Amérique. Et d’ailleurs, James MONROE a dit, en 1920, « l’Amérique pour les américains », mais lorsqu’il disait « l’Amérique pour les américains », c’était l’Europe pour les Européens, l’Amérique pour l’Amérique du Nord ou encore pour les Etats-Unis. Et à l’époque de James MONROE, Fidel CASTRO n’était même pas né. Donc, la position des américains ce n’est pas seulement du fait de Fidel CASTRO, ils ont toujours voulu prendre CUBA, dominer CUBA. C’est parce qu’ils n’ont pas réussi tout au long de ces dernières années à défaire la révolution et à dominer CUBA qu’aujourd’hui, subtilement, ils essayent de contrôler, de mener les citoyens. Mais qu’ils sachent que le peuple cubain est prêt à résister et prêt pour la bataille s’il en est besoin dans l’avenir proche. Question : Pensez-vous que les cubains veulent revenir à l’époque BATISTA ou encore à l’époque pré-révolutionnaire ? Réponse : NON ! Définitivement NON ! Ce qui se passe ici, c’est ce qui se passe toujours dans toutes les civilisations. Tu veux toujours ce que tu n’as pas. Il y a une différence d’approche entre, d’une part, les gens qui ont connu la situation d’avant la révolution et qui chérissent ce qu’ils ont obtenu grâce à la révolution et, d’autre part, comparé à ceux qui n’ont pas connu la période d’avant la révolution et qui ne peuvent comparer les améliorations apportées par la révolution. Mais moi je te dis que le gouvernement est conscient de la situation et sait ce qu’il faut faire et ce qui manque pour améliorer chaque jour la situation des cubains. Si l’embargo est levé, définitivement, la situation des cubains va s’améliorer. Aujourd’hui, à cause de l’embargo, nous ne pouvons pas utiliser l’argent américain pour aucune transaction et toutes les institutions qui sont dominées par les américains comme le Fonds Monétaire International n’ont pas le droit de prêter à Cuba. Tu te rends compte, avec la loi HELMS BURTON, aucun navire qui a accosté dans un port cubain n’a le droit de rentrer aux Etats-Unis avant six mois. Tu te rends compte ? Par exemple si tu as un outil ou un équipement et que cet équipement comprend, ne serait-ce que seulement 10 % de pièces détachées d’Amérique du Nord, tu ne peux pas te procurer cet équipement aux Etats-Unis. Mais si cette interdiction cesse, si les cubains peuvent se procurer tout ce qu’il leur faut pour améliorer leurs équipements sur le marché américain, assurément, les choses iront mieux à CUBA. Mais j’insiste. L’objectif des gouvernements américains, c’est d’avoir CUBA. S’il le faut, CUBA sans les cubains. Question : Tu as dit qu’il faut quand même des changements. Quels sont les changements qui sont souhaitables sans que CUBA perde son identité et son patriotisme ? Réponse : La volonté de changement vient de la population cubaine. Les changements souhaités émanent des cubains, parce que lorsque Raoul (CASTRO) a pris la présidence ici à CUBA, il a fait un discours à SIERRO DE AVILA, et ce discours tout le monde à CUBA l’a écouté. Et à partir de ce discours, il y a eu des débats pour que chacun donne son avis à travers le parti communiste sur ce que Raoul avait dit et quels étaient les changements souhaités par la population. Et lors des débats qui ont suivi ce discours, plus de 1200 avis de la population ont été recueillis. Ces différentes opinions ont été regroupées par secteur ; par exemple sur la santé, sur l’éducation, sur la gouvernance, ainsi que sur toutes les structures gouvernementales. Par la suite, il a été demandé à chaque ministère de dire comment il allait appliquer la volonté de changement de la population. Quelles adaptations qu’il allait mettre en œuvre pour répondre aux attentes exprimées par la population dans ces 1200 avis ? Et c’est de là que se situe la source des changements entrepris par Raoul à CUBA. Et dans le cadre des différents congrès du parti communiste, il a été décidé de mettre en œuvre, d’appliquer les idées exprimées par la population à travers cette consultation populaire. Question : Selon toi, ce n’est pas la dictature que l’on dit ? Réponse : Je ne sais pas ce que l’on dit ; je ne sais pas de quelle dictature il s’agit. Mais parlons de dictature. Fidel CASTRO et son groupe ont attaqué la caserne MONCADA pour la première fois en 1953. Plus précisément, Fidel CASTRO et son groupe ont attaqué la caserne MONCADA le 23 juillet 1953. Ils ont perdu cette bataille, mais pas la guerre. Ce n’était que la préparation de la guerre elle-même. Par la suite, Fidel est reparti au Mexique et il a préparé la guerre à partir du Mexique. Puis, il est revenu avec ses troupes en 1956 et a commencé à combattre dans la SIERRA MAESTRA. Par la suite, 5 ans, 5 mois et 5 jours après la première attaque de la caserne MONCADA, Fidel a gagné cette guerre. Donc, s’il n’avait pas le soutien populaire, assurément il n’aurait pas gagné cette guerre. C’est qu’il avait le soutien de la majorité pour réussir ce combat. Aussi, pour te répondre, je te dirai donc que Fidel avait le soutien de la majorité de la population, ici, à CUBA, pour ce qu’il a fait à CUBA. Donc, dans la révolution, le mot fort c’est la solidarité. De ce point de vue, quand on voit ce que CUBA a fait, quand on voit la solidarité qui est mise en œuvre ici à CUBA, on peut dire que la situation aujourd’hui à CUBA est, en grande partie, 99,9 %, à cause des pratiques des gouvernements américains. S’ils ne sont pas d’accord avec moi qu’ils lèvent l’embargo, qu’ils lèvent le blocus et on verra, 10 ans plus tard, comment CUBA sera. Question : N’as-tu pas peur qu’avec l’ouverture au reste du monde que les cubains vont perdre cet esprit de solidarité, cette fierté, ce patriotisme qui les caractérisent ; N’as-tu pas peur que CUBA devienne comme toutes les autres nations et que CUBA ne serait plus CUBA ? Réponse : Non. Je ne pense pas, car s’il y a une évolution économique et si économiquement CUBA va mieux, les gens vivront mieux et je pense que tout ira mieux et les cubains aimeront encore plus CUBA. Dernière question : As-tu quelque chose que tu aurais aimé dire au monde, un message que tu voudrais faire passer ? Réponse : Oui. Je voudrais dire aux gens qui entendent parler de CUBA, qui entendent dire des choses de CUBA, qu’ils viennent eux-mêmes pour voir, au moins une fois, car il est mieux de voir pour soi-même, au moins une fois, que d’entendre des milliers de fois des choses qui ne correspondent pas à la réalité. Alors, je les invite solennellement à venir ici à CUBA pour voir de leurs propres yeux.

dimanche 5 juillet 2015

Lajan ka koupé fè, min pèp ka koupé lajan (Traduction littérale : L’argent coupe le fer mais le peuple coupe l’argent)

Mes chers amis, Probablement insomniaque ou anxieux à quelques heures de mon départ pour Pointe-à-Pitre de Paris, j'ai écrit dans la nuit un article sur le sens et la portée, pour nous "euro-caribéens", du "NON" des grecs au referendum de ce 5/7/15. Je vous le laisse lire et m'expose à vos commentaires, enrichissants, j'espère. Le NON des grecs au référendum doit résonner ici et dans toute la Caraïbe Lajan ka koupé fè, min pèp ka koupé lajan (Traduction littérale : L’argent coupe le fer mais le peuple coupe l’argent) Le « NON » des Grecs sonne le glas d’une politique libérale exacerbée pratiquée par l’Union européenne, sous l’impulsion des lobbys, que j’ai toujours critiquée, tout particulièrement à l’occasion des campagnes aux élections européennes. Ce « NON » augure d’un sursaut des peuples, qui semblaient résignés et fatalistes. C’est, selon moi, l’expression d’une forme de résistance populaire à l’usurpation du pouvoir par les technocrates, au détriment des représentants élus. L’attitude des représentants de ce qu’il est convenu d’appeler la « Troïka » (Commission européenne - CE, Fonds monétaire internationale - FMI, Banque centrale européenne – BCE) envers le 1er Ministre grec est symptomatique du déni démocratique auquel on assiste, sous la toute puissante influence de l’argent. « Lajan ka koupé fè », dit-on en créole Le mot "Démocratie" vient du grec "démokratia" signifiant "gouvernement populaire", composé du grec "demos", le peuple "qui habite la cité", et du grec "kratos", celui qui est fort, puissant, au sens de celui qui est "capable de gouverner". Mais la foi aveugle et sourde en l’argent, finit par faire croire que la « démocratie » serait un concept creux et dépassé, voire même une arnaque consistant à faire croire au peuple que c’est lui qui gouverne, alors qu’en réalité, le pouvoir est exercée par une oligarchie dont le centre névralgique est sis entre London, New York et Bruxelles. Déçu, dépité et désenchanté, le peuple finit par se réfugier dans l’individualisme, le désintérêt pour les associations, les syndicats, les partis politiques, et choisit l’abstention. C’est ainsi que la désaffection pour les organes traditionnels d’intégration, qui concouraient à la cohésion sociale, génère une violence sociétale. L’émergence de partis politique comme « Podemos » en Espagne, « Syriza » en Grèce et l’explosion de joie qui y a suivi la victoire du NON au referendum de ce dimanche 5 juillet 2015 doivent éclairer la conscience des guadeloupéens et de tous les caribéens. Tout peuple conscient et mobilisé peut faire ce que les grecs ont fait, en bravant les pressions en tout genre exercées sur eux pour les faire voter « OUI » et désavouer le 1er Ministre qu’ils venaient eux mêmes de porter au pouvoir. La plupart des pays de la Caraïbe et d’Amérique du sud ont eu à subir et subissent encore ces programmes d’austérité, faits de réduction de l’action publique au profit de sociétés multinationales privées, de suppression de leurs barrières douanières, de déréglementation… A l’égard de ces pays du sud, le FMI, les Banques internationales et les diverses institutions financières de l’hémisphère nord, ont mis en œuvre depuis tantôt, dans l’indifférence des médias internationaux, les fameux Plans d’Ajustement Structurel (P.A.S) qui ont asphyxié ces petits Etats de la Caraïbe et creusé le fossé existant entre les classes sociales, les riches devenant plus riches que jamais, et les pauvres plus pauvres. Habitués à souffrir en silence, les peuples de la Caraïbe ont serré les dents, mais ont continué à croire dans le jeu démocratique. Les visiteurs sont épatés par la passion et l’engagement que suscitent encore, malgré la pauvreté, les élections en Dominique, en Haïti, en Jamaïque, par exemple. Mais le jeu politique est enfermé dans une foi commune dans le libéralisme, imposée par « les créanciers » internationaux de ces Etats souverains. Nul, dans la Caraïbe au sens large, à l’exclusion de Castro à Cuba, Bishop en Grenade et Chavez au Venezuela, sauf oubli de ma part, n’a osé opposer un autre modèle économique, qui substituerait à la recherche effrénée de croissance, un partage équitable du travail et des richesses, une aspiration à la santé et au bien être, dans un environnement sain. Puisse le « NON » exprimé haut et fort en Grèce raisonner dans les esprits et les consciences de tous les peuples et dirigeants de la Caraïbe (Guadeloupe, Martinique et Guyane incluses), comme un rappel des fondements de la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Cela veut aussi dire que le peuple ne doit jamais se résigner, jamais renoncer à exercer ce pouvoir, sous peine de laisser les intérêts privés vaincre l’intérêt général. Moi, j’entends le NON des grecs aussi comme un « NON » à la passivité, à la résignation et à l’ABSTENTION, un mal qui altère le jeu démocratique dans nos contrées et verrouille la scène politique. Je vois aussi dans ce « NON », une chance pour l’écologie politique de s’affirmer, et de promouvoir l’économie sociale et solidaire, comme une alternative au libéral productivisme. Harry J. DURIMEL Porte-Parole de Caraïbe Ecologie – Les Verts

mercredi 5 mars 2014

Commentaire d'une pointoise

PETIT COMMENTAIRE D'UNE POINTOISE QUI M'A ENVOYE CES PHOTOS PAR LA POSTE MAIS EN ANONYME : Pendant que les médias et les sondages de complaisance s'efforcent de nous faire croire que Pointe-à-Pitre serait une belle ville, bien gouvernée par l'un des meilleurs Maires de la planète, les citoyens pointois en ont une toute autre opinion, eux qui vivent au quotidien l'insalubrité et l'insécurité. Pour preuves, nous publions ici des photos qu'une citoyenne anonyme demeurant à la cité Chanzy à Pointe-à-Pitre nous a envoyé pour illustrer son cadre de vie dans cette ville d'Art et d'Histoire... Voilà le commentaire de cette pointoise: "A l'heure où nous parlons d'épidémie de dengue et de chikungunya, ceci est l'entrée de la cité Chanzy, côté BNP tour Sécid, sans oublier l'odeur" A bon entendeur, salut. Harry DURIMEL

lundi 17 février 2014

Déclaration 2008 des nouveaux alliés de Jacques BANGOU

Ce que pense les alliés du Maire sortant de Pointe à PitreLisez les déclarations d'Eric DOMICHARD ou d'Alain SOREZE. C'est stupéfiant !!

mardi 11 février 2014

Politique énergétique de la Guadeloupe

« 100% ENR : la Guadeloupe a choisi » – La politique énergétique de la Guadeloupe à l’honneur sur France-Culture...

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En visite à Marrakech, inauguration d'un prototype conçu par un ingénieur guadeloupéen

 

Je suis actuellement à Marrakech, au MAROC, où j’accompagne Mme BOREL-LINCERTAIN et M. Jocelyn MIRRE à l’inauguration d’un prototype conçu par un ingénieur guadeloupéen, Nicolas UGOLIN.

Inutile de vous dire combien je suis émerveillé par ce projet exemplaire, qui devrait contribuer à la réduction de la dépendance de la Guadeloupe aux énergies fossiles. Comme le reconnaît la presse nationale, pour une fois, la Guadeloupe est à l’avant garde en matière de transition énergétique. Et c’est ce dynamisme de la politique énergétique que j’anime, en ma qualité de Président de la Commission régionale des énergies, qui a conduit la Région Aquitaine à nous inviter ce vendredi 14/2/14, à Bordeaux, pour partager notre expérience en la matière.

Retour au pays samedi, pour poursuivre la campagne des élections municipales.

Pour en savoir plus sur ce procédé révolutionnaire, lisez la suite de cet article et regardez le reportage réalisé par une équipe de CANAL 10, jeudi13/2...

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samedi 7 décembre 2013

Nelson MANDELA s'en est allé, mais son inspiration vivra en moi pour toujours!

J’étais dans l’avion, de retour du Congrès des Verts à Caen, quand la nouvelle de la mort de Mandela a été rendue publique.

Le 5/12 même au soir, pendant la réunion de notre association OPAP (Oxygène pour Pointe-à-Pitre), nous avons marqué une minute de silence en hommage à ce grand Homme.

Plutôt que de publier un communiqué, comme l’ont fait certains pour tenter vainement de récupérer un peu de son aura dans une démarche politicienne de bas étage, nous nous sommes inclinés spirituellement, dans la discrétion et le recueillement, face à l’œuvre et la mémoire de Nelson MANDELA.

A titre personnel, je peux affirmer que mon engagement et mon tempérament de militant portent indubitablement l’empreinte de Nelson MANDELA.

L’admiration que les gens de ma génération lui ont vouée, pendant et après son incarcération, est indélébile.

Je garderai à jamais, de ce Frère et Confrère Avocat et Militant des Droits de l’Homme, cette leçon, entre autres: Ne jamais dévier de son idéal. Oui au compromis, Non à la compromission ! Quand on a une conviction et qu’elle est juste et légitime, elle finit toujours par prospérer. J’en ai fait ma devise.

Que son âme repose en paix.

mercredi 9 octobre 2013

Ma participation au CREF (Caribbean renewable Energy Forum) à Aruba du 9 au 12/10/13

CREF 2013Juste deux mots pour attirer votre attention sur un évènement majeur dans la Caraïbe auquel je vais participer à compter d'aujourd'hui 9/10, à Aruba: the CREF (Caribbean Renewable Energy Forum). De nombreux dirigeants politiques de la Caraïbe et d'Amérique latine y participent, de même que des chefs d'entreprises multinationales et caribéennes. Le grand public local ne semble pas conscient de l’acuité, toute particulière pour nos îles, de la problématique énergétique et climatique. Mais les écologistes en ont pris conscience depuis tantôt.

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lundi 7 octobre 2013

Posons les armes citoyens

Jeunesse GuadeloupéenneComme je l’avais annoncé, il y a trois semaines, j’ai décidé de m’impliquer dans la mobilisation générale contre la violence qui sévit dans notre Région, non pas seulement en appelant les autorités nationales à nous envoyer plus de gendarmes, mais en essayant de susciter localement une prise de conscience citoyenne de la part de la jeunesse.

Une jeunesse désabusée et égarée, sans repère et sans horizon, fabriquée par la société de consommation qui suscite toujours plus de désir et le chômage qui ne provoque que frustration. Une jeunesse laissée pour compte, au nom du clientélisme politique, au motif qu’elle ne vote pas et que, par conséquent, elle ne compte pas.

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dimanche 22 septembre 2013

Contrevérité d'Eric DOMICHARD, débauché par l'équipe "BANGOU-BREDENT"

Harry Durimel - aux européennesDepuis que nous avons annoncé notre décision de constituer une équipe pour participer aux prochaines élections municipales, le « mercato » est ouvert et le Maire héritier, Jacques BANGOU, et son beau-frère, Georges BREDENT, racolent autant qu’ils le peuvent, dans les rangs d’OXYGENE (OPAP) et de nos sympathisants, n’hésitant pas à me calomnier pour atteindre leur fin.

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jeudi 19 septembre 2013

Halte à la campagne électorale aux frais des contribuables pointois

Maire Héritier - La fée de Pointe-à-PitreDepuis quelques mois, la population de Pointe-à-Pitre est frappée par la multiplication des évènements artistiques, culturels, sportifs, des shows économico-médiatiques, des hommages et inaugurations en tout genre, montrant le passé et le futur de la ville, sans trop s’attarder sur le présent qui, comme on le sait tous, est des plus déprimant.

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